Fin Juillet 2002, j'arrivais un soir à Ambert, après
six heures de train et de car, un peu anxieuse.
Tout avait commencé un mois avant: j'avais fait, sans
l'avoir vraiment choisi, un stage de deltaplane dans le Sud
avec mon beau-frère. Nous nous étions inscrits
pour...du parapente...et il y avait eu maldonne. La semaine
avait été remplie de bons moments...mais je
n'avais pas progressé. Or, j'avais décidé,
puisque je devais rejoindre des amis dans le Massif Central,
de partir deux jours avant, car il avait une école
à Ambert et qu'Ambert était presque sur ma route(!),
pour essayer d'avancer un peu. Me voilà donc au camping,
dix ans que cela ne m'était arrivé.
Le lendemain matin, Jean-Claude,le responsable de l'école,
passe me chercher. Toute intimidée, je me retrouve
sur la pente-école. Deux impressions, aussitôt:
déja, elle est magnifique, on croirait un golf tellement
l'herbe ressemble à un tapis moelleux, ça me
change de la caillasse du midi où j'ai démarré,
c'est accueillant. Plusieurs pentes donnent sur une piste
centrale et, selon le vent et leur progression, les élèves
passent de l'une à l'autre. Et puis, l'éblouissement:
je vois des gens, dont des filles, qui volent,alors qu'ils
ont commencé à apprendre depuis peu. L'envie
me tenaille, je ne peux croire que ce soit pour moi aussi
(cinq jours à galoper sur une pente-école sans
décoller...faut le faire). Il y a une dizaine d'élèves,
Jean-Claude s'occupe des plus avancés, et Christian
des moins...Donc il me prend en charge. Il comprend tout de
suite ce qui ne va pas, me fait faire des exercices...Tout
se passe comme dans un rêve...Une heure après,
je vole de la mi-pente. Et en fin de matinée, du haut...Incroyable!
Je me sens irradiée de bonheur.
Pour tout dire, j'ai dû y revenir pas mal, à
cette pente-école, car je ne suis pas dans les plus
dégourdis...Il me fallait ça, pour prendre confiance,
voir que c'est solide, que l'air porte en vérité.
Mais déjà il y a là des instants merveilleux,
je sens plein de plaisir, à frissonner, tellement c'est
fort. Et puis il y a une sorte de communion avec la nature.
Enfin il y a une superbe ambiance dans le groupe et avec les
deux compères qui nous apprennent, nous secouent, nous
maternent, nous engueulent. C'est étonnant aussi comme
ce que j'ai vécu là a pu me faire réfléchir
sur moi.
Le matin du premier grand vol...Houlala! J'ai plutôt
mal dormi. Est-ce que vraiment j'ai voulu ça? Est-ce
que je vais être capable, moi qui ai facilement le vertige,
moi qui connais la peur...Questions...Et puis oui! je l'ai
vraiment voulu. Et puis il y a les moniteurs qui savent ce
qu'ils font, ils s'y connaissent, eux. Donc j'y vais. Nous
étions trois, deux garçons hollandais et moi.
Nous montons les ailes au décollage du Bien. Moi je
devais faire un biplace avec Jean-Claude...à mon avis
surtout pour voir si je gère mon stress...et c'est
une précaution utile...Patatrac...un nuage nous tombe
dessus, c'est la purée de pois. On attend. Par la radio,
Christian qui nous attend au terrain d'atterrissage nous dit
qu'en bas c'est dégagé. Mais après deux
heures d'attente, il nous annonce que le vent s'est levé,
et qu'il est trop fort pour nous, petits débutants...On
remballe...et les hollandais repartent pour leur pays...dur!
Le mois suivant, me voilà revenue. Biplace...hum...et
puis grands vols...trois dans cette matinée. C'est
tellement fou, je n'arrive pas à réaliser, à
le croire. Je suis tendue comme un arc, les muscles m'en font
mal tellement je tiens fermement les montants. le premier
vol j'ai beaucoup d'appréhension. C'est tellement autre.
Et c'est ça que je cherche...Voilà...C'est fabuleux.
Et je n'en connais rien encore...
>>
site d'élèves
de l'école Delta-Auvergne spécialisée dans l'enseignement
du deltaplane